Les clés pour adapter les conditions de travail d’un collaborateur sourd ou malentendant

Pour vous, professionnels des ressources humaines, des missions handicap, de la QVCT, de la diversité ou de la santé au travail, l’enjeu consiste à créer un environnement inclusif et accessible qui permette à chacun d’évoluer sereinement et efficacement. liés à la surdité, souvent invisibles, des situations concrètes rencontrées en milieu professionnel, et des leviers d’action à mobiliser pour adapter les pratiques. Mieux communiquer, rendre les échanges accessibles, anticiper les situations de fatigue ou d’isolement : autant de pistes pour transformer durablement les conditions de travail et renforcer l’inclusion.

Ce que vivent les collaborateurs sourds et malentendants dans votre entreprise 

Dans les entreprises, les obstacles rencontrés par les collaborateurs sourds ou malentendants sont principalement liés à l’accès à la communication et aux alertes (du réveil à l’alerte de sécurité, en passant par le appels, sonnettes, etc.). Participer à une réunion, échanger par téléphone, suivre une formation ou simplement converser dans une ambiance bruyante sont autant de situations complexes. En présence de bruit, d’ambiances sonores réverbérantes ou lorsque des collègues portent des masques, ces difficultés s’accentuent fortement. Ces situations ne sont pas organisées pour que tout le monde puisse communiquer de manière efficace, sans faire d’efforts plus importants pour accéder tant bien que mal aux échanges. 

Ces obstacles peuvent entraîner des conséquences importantes : informations manquées, hyper-adaptation, malentendus, impossibilité de s’exprimer pleinement, stress, voire renoncement à participer à certaines activités. Le résultat ? Un isolement progressif qui affecte progressivement l’état de santé physique et mentale du collaborateur et dégrade insidieusement ses conditions de travail. Pour remédier à cela, il est nécessaire d’organiser la communication de toutes et tous, en tenant compte des besoins de la personne malentendante, même s’ils sont invisibles.

Comme indiqué dans le Baromètre Santé Sourds et Malentendants, les formes de mal-être qu’implique le fait de vivre avec une surdité et/ou des troubles de l’audition sont à comprendre à partir de la définition que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) donne du handicap. Celui-ci naît dans l’interaction entre une déficience et un environnement inadapté. Aussi, les pistes d’amélioration reposent sur l’évolution des attitudes des entendants et sur une amélioration de l’accessibilité.  

L’accessibilité : une responsabilité collective et une mise en œuvre collective

Au-delà des appareils auditifs et implants auditifs, voici les ingrédients qu’il est essentiel de mobiliser, selon les besoins : 

  • Des aménagements sonores sont possibles dans de multiples situations et métiers. Elles s’appuient notamment sur la transmission de différentes sources sonores dans les aides auditives.
  • L’apport d’aides humaines, selon les modes de communication : sous-titrage en direct, langue des signes française (LSF), Langue française parlée complétée (LfpC). 

Et dans tous les cas : 

  • La prise de conscience par le collectif de travail des obstacles rencontrés par la/le collègue sourde. 
  • La capacité de la personne sourde à exprimer en temps réel ses difficultés et besoins en lien avec la surdité (assertivité) dans le cadre de son activité professionnelle.
  • L’implication et le soutien du collectif dans la création de conditions d’échanges accessibles. 

L’étude américaine “Aménagements du lieu de travail et besoins non satisfaits spécifiques aux personnes sourdes ou malentendantes”, de Scott Haynes et Maureen Linden, conclut que des besoins non satisfaits demeurent dans les domaines des échanges réunions, du soutien des collègues et du développement d’un environnement de travail plus universellement accessible. Et pour cause, les aides techniques ou humaines ne fonctionnent que si on les accompagne des usages ad hoc. Le plus grand défi reste de transformer les habitudes de travail et d’impliquer activement l’équipe dans l’utilisation de ces solutions. Créer un environnement professionnel adapté n’est pas seulement une recherche d’outils techniques mais une démarche globale portée par l’employeur, qui place le collectif au centre et nécessite un accompagnement dédié. 

Ce que vous pouvez faire en tant que personne ressource

Dès le recrutement ou bien avant que survienne des risques pour le maintien dans l’emploi, vous pouvez proposer à la personne sourde ou malentendante une adaptation de son poste de travail, en vous appuyant sur des prestataires dédiés à l’accompagnement des personnes sourdes et malentendantes en entreprise. Ce levier permettra d’agir sur les conditions de travail, l’accès à la communication, à l’information et aux alertes, en prévention notamment des risques de sécurité et des risques psycho-sociaux (RPS) qui vont de pair avec les surdités : épuisement, burn-out, isolement, dépression, conflits …  

Comment repérer, informer et soutenir ces salarié·es qui, même exposés, ne viendront peut-être pas spontanément vers vous ? Comment amener le sujet de l’aménagement de poste avec un collaborateur malentendant ? Avec un·e collègue qui découvre une perte auditive ? Retrouvez nos conseils dans cet article. 

Les solutions concrètes d’Insufflo pour adapter le poste de travail avec une approche collective

1 – Atelier inclusion surdités

Dès l’arrivée d’un·e salarié·e en situation de handicap auditif, un atelier sensibilise l’équipe aux enjeux de la surdité.
Afin de surmonter les obstacles dès le départ et de poser des bases propices à l’intégration au sein de l’équipe, nous vous proposons un atelier personnalisé, précédé d’un échange préalable, pour que l’équipe puisse comprendre les enjeux et acquérir les premières clés d’une communication fluide et sans tabous.
L’objectif de cet atelier inclusion surdités consiste à mettre en œuvre de manière immédiate des stratégies ayant des effets à court terme. Il permet d’accueillir une personne sourde ou malentendante en prenant d’emblée en compte ses besoins d’accessibilité et ainsi d’agir en prévention des risques psycho-sociaux qui existent quand les besoins d’accessibilité liés à la surdité ne sont pas pris en compte.

Cet atelier est également pertinent si un salarié sourd ou malentendant est déjà en poste et que des tensions émergent au sein du collectif de travail.

2 – L’adaptation du poste de travail

Cet accompagnement, réalisé par l’un des consultants surdités expérimentés d’Insufflo, Samuel ou Solène, comporte plusieurs étapes, qui impliquent différents interlocuteurs : la personne sourde ou malentendante, sa ou son manager, la personne en charge de la prise en compte du handicap dans l’organisation (référent·e handicap, service des ressources humaines, mission handicap), le service de santé au travail, mais aussi – et c’est essentiel – les collègues de la personne accompagnée.

Cet accompagnement s’étalonne sur plusieurs mois, alternant des étapes à distance et 2 à 3 interventions sur le lieu de travail, suivies d’une période de suivi d’un an pour favoriser la continuation des nouvelles pratiques.

Découvrez les étapes illustrées de notre prestation d’aménagement du poste de travail.

Parmi ces étapes, 2 se font en présentiel sur le lieu de travail :

– L’étude de poste (ou étude ergonomique)

Avec la personne accompagnée et son encadrement, nous identifions les situations de travail présentant des obstacles. Puis, nou testons différentes solutions, puis accompagnons la mise en œuvre les stratéElle consiste à regarder de près les situations de travail, les obstacles rencontrés et les besoins propres à la personne accompagnée, au regard des obstacles qu’elle doit surmonter pour réaliser pleinement et sereinement ses missions. 
Cette étape donne lieu à la rédaction d’un rapport de préconisations.

– La mise en place des solutions

Une fois les besoins identifiés, nous accompagnons l’équipe dans l’adoption des outils et comportements nécessaires à une meilleure accessibilité. Il s’agit de favoriser une prise en main collective du matériel et surtout des bonnes pratiques qui vont avec. 

3 – Coaching individuel et collectif

Dans certains contextes, la démarche coaching peut s’avérer précieuse pour accompagner le changement. Nous nous avons suivi des formations en coaching individuel et en coaching collectif pour être en mesure d’apporter cette proposition quand c’est pertinent. 

Il peut être proposé quand :

  • la personne concernée exprime difficilement ses besoins ou fait part d’un épuisement relationnel, d’un sentiment d’isolement ou de détresse.
  • Sa surdité est vécue douloureusement : honte, camouflage, surcharge cognitive et émotionnelle.
  • Vous observez des tensions, des incompréhensions au sein de l’équipe et souhaitez agir en prévention pour soutenir un·e salarié·e dans une période délicate, avant que la situation ne se dégrade.

Le coaching permet notamment de surmonter des freins à l’expression de ses besoins d’accessibilité auprès de son entourage.

Un échange de cadrage est mené en amont avec la personne accompagnée et l’employeur (ou le référent RH, handicap ou QVCT). L’accompagnement prend la forme de séances individuelles d’1h30, en visio. Un bilan est réalisé en fin de parcours, pour partager les avancées et réfléchir à la suite.

Ce que vous pouvez en attendre :

  • Réduire les risques d’isolement, de conflits et d’épuisement professionnel.
  • Débloquer des freins individuels qui entravent l’accessibilité et l’expression des besoins.
  • Offrir un espace de recul pour reprendre confiance, clarifier ses ressources et trouver des solutions concrètes.
  • Renforcer durablement les conditions du maintien dans l’emploi.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre article Le coaching pour accompagner des personnes malentendantes.

Ce que vous pouvez attendre de ces accompagnements

  • Soutenir la personne concernée pour qu’elle dépasse ses propres freins et renforce son assertivité.
  • Mettre en place des solutions testées et ajustées aux besoins.
  • Familiariser à l’utilisation et aux réglages des outils mis en place.
  • Mobiliser le collectif de travail de sorte que la personne sourde ou malentendante puisse réaliser pleinement ses missions, donner le meilleur d’elle-même, au service du travail de l’équipe.
  • Instaurer des améliorations durables et choisies dans les usages de communication à travers des accords co-construits.

Et à travers cela :

  • Favoriser l’accès, le maintien dans l’emploi et l’évolution professionnelle.
  • Améliorer la qualité de vie et des conditions de travail.
  • Prévenir ou amoindrir les risques psycho-sociaux (épuisement professionnel, conflits).

Des financements dédiés à la compensation du handicap dans le contexte professionnel

Lorsqu’un salarié est bénéficiaire de l’obligation d’emploi, cela ouvre la voie à des financements spécifiques pour mettre en place des solutions d’accompagnement adaptées. Ces aides sont accessibles via plusieurs organismes : le FIPHFP pour le secteur public et l’Agefiph ou des accords agréés ou conventions Agefiph pour le secteur privé.

Ces financements peuvent couvrir tout ou partie des coûts liés aux aménagements techniques, humains ou organisationnels, ainsi qu’aux prestations d’accompagnement proposées par Insufflo. Pourtant, ces dispositifs restent encore trop souvent méconnus, alors qu’ils permettent de sécuriser les parcours professionnels des personnes concernées et de favoriser un environnement de travail plus accessible, équitable et inclusif.

À travers la création d’un environnement de travail accessible, vous outillez les équipes à s’engager collectivement dans des pratiques au service de l’accessibilité. Une ou plusieurs personnes de votre organisation concernées par une surdité, quel que soit son degré ou les modes de communication utilisés (français oral, écrit, texte, langue des signes française, langue française parlée complétée) ? Pour en savoir plus sur nos prestations d’accompagnement et nous faire part de vos besoins, contactez-nous !